Discours du lancement de la campagne

Chères amies, chers amis,
Chères Fresnoises, chers Fresnois,
Nous y sommes.
Après six années de mandat.
Après vous avoir présenté notre bilan, dont l’équipe municipale est très fière.
Après avoir arpenté les rues de Fresnes depuis le mois de novembre, échangé, écouté, organisé de beaux ateliers du projet.
Nous avons voulu ce moment.
Un temps de mobilisation.
Un temps d’union.
Pas seulement pour lancer une campagne.
Mais pour affirmer une orientation politique claire.
Pour dire ce que nous défendons.
Et comment nous voulons continuer à faire vivre Fresnes.
Et si ce moment est aussi festif, convivial, ce n’est pas anecdotique.
La fête est un acte politique.
À l’échelle municipale, elle est un instrument du vivre-ensemble.
Dans une époque marquée par la peur, le repli, la méfiance, l’individualisation des parcours, faire société, créer du commun, se retrouver joyeusement dans l’espace public, c’est déjà un choix politique.
La fête, c’est une manière de dire que nous faisons encore société, que nous faisons encore collectif, que nous faisons encore République.
Je veux d’abord remercier celles et ceux qui se sont engagés dans ce travail collectif.
Merci à Elsa, à Nouredine, à Michel, à Sabine, pour leurs mots, pour leur soutien, mais aussi pour leurs exigences. Elles nous obligent, elles nous tirent vers le haut.
Merci à toutes celles et ceux qui ont participé aux ateliers. Ils ont été extrêmement riches.
Ce mandat, nous ne l’avons pas conduit seuls.
Nous l’avons construit avec les habitantes et les habitants, notamment à travers deux grandes concertations qui guident aujourd’hui notre action.
Et c’est précisément cette manière de faire de la politique que nous voulons poursuivre.
Ce que nous affirmons ce soir est simple et clair :
la volonté de l’union de la gauche et des écologistes à Fresnes, la plus large possible, avec toutes les bonnes volontés.
Pas une union d’appareils.
Pas une union de circonstance.
Pas une union de façade.
Une union politique, construite sur des valeurs, sur un projet, sur une pratique du pouvoir local.
Cette union a une histoire à Fresnes, et nous voulons qu’elle se poursuive, qu’elle se renforce.
Elle s’inscrit aussi dans un moment national que personne ne peut ignorer.
L’été dernier, le Nouveau Front populaire a montré une chose essentielle : quand la gauche se rassemble, elle redevient une force politique crédible face aux inégalités, face à la brutalité sociale, face à l’extrême droite.
Je n’ignore rien des divisions actuelles.
Mais ce que nous avons choisi ici, à Fresnes, c’est de continuer à faire vivre cet espoir.
De le faire vivre dans les politiques publiques.
Dans le quotidien des habitants.
Dans la manière de gouverner.
C’est ce que nous faisons avec le Parti socialiste, le Parti communiste, la France insoumise, les écologistes fresnois, Place publique.
Nous ne sommes pas d’accord sur tout.
Mais nous partageons l’essentiel : la justice sociale, la solidarité, l’écologie populaire, le refus des renoncements.
Dans les ateliers que nous avons organisés, vous nous avez parlé de manière très concrète d’une ville solidaire, verte et vivante.
Vous nous avez parlé de votre quotidien.
Vous nous avez parlé d’écologie, mais d’une écologie matérielle.
Une écologie qui se voit dans les rues, dans les arbres, dans l’air que l’on respire.
Une écologie qui s’incarne dans la manière dont on aménage la ville, dont on pense l’espace public, dont on anticipe les canicules, dont on protège les plus fragiles.
Vous nous avez parlé d’une écologie participative, où les habitants sont acteurs de la propreté, du verdissement, de l’amélioration du cadre de vie.
Vous nous avez parlé de mobilités, de sécurité des déplacements, de partage de l’espace.
Du vélo, de la marche, mais aussi du respect entre usagers.
Vous avez parlé de l’A86.
De cette cicatrice qui coupe la ville en deux.
De votre volonté de vous réapproprier cet espace, de réduire la fracture entre le nord et le sud, de limiter ses nuisances.
C’est un combat de longue haleine, mais un combat nécessaire.
Vous avez parlé de transition écologique, d’énergies durables.
De la nécessité de renforcer les îlots de fraîcheur.
D’améliorer la qualité de l’alimentation dans les cantines.
Vous avez aussi parlé de ce qui fait le cœur d’une ville.
Le centre-ville.
Les commerces.
Les marchés.
Les lieux de rencontre.
Vous avez parlé de tranquillité, parfois avec inquiétude.
Et je veux être très claire ici.
Oui, la sécurité est un sujet politique majeur.
Oui, elle conditionne l’égalité réelle.
Oui, elle détermine la liberté de circuler, de sortir, de vivre.
Quand des femmes ne se sentent pas en sécurité dans l’espace public, quand elles évitent certains déplacements, c’est un échec collectif.
Notre responsabilité est immense.
Mais la sécurité ne se résume pas à des slogans.
Elle ne se règle pas par des postures virilistes ou des annonces martiales.
Elle se construit par l’aménagement urbain,
par la présence humaine,
par la prévention,
par la médiation,
par une coopération exigeante avec l’État lorsqu’il assume ses responsabilités,
et par une vidéosurveillance maîtrisée, ciblée, utile, là où elle apporte réellement une réponse.
C’est cela, une politique sérieuse.
Vous nous avez aussi parlé de solidarité.
De la difficulté à se soigner.
Du vieillissement.
De l’isolement.
Du handicap.
Du logement.
De l’accès aux droits.
Très fortement, vous nous avez parlé, comme lors de Fresnes Demain, de la difficulté à se soigner face à la désertification médicale.
Vous avez parlé d’une ville qui protège.
D’une ville qui ne laisse pas tomber celles et ceux qui décrochent.
D’une ville qui fait le choix de l’humain.
Et cela, nous le partageons pleinement.
Pour le prochain mandat, trois priorités s’imposent à mes yeux.
D’abord, la jeunesse.
Nos jeunes vivent dans un monde instable, anxiogène, souvent brutal.
L’insouciance de nos propres jeunesses semble parfois bien loin.
Ils font face à des parcours de plus en plus complexes, à des choix précoces, à une pression permanente.
Notre responsabilité est immense.
Logement.
Formation.
Insertion.
Santé mentale.
Accès au droit.
Accès à la culture et aux loisirs.
Lutte contre le harcèlement scolaire et les discriminations.
Nous avons commencé.
Nous investissons déjà fortement dans l’éducation, dans le premier degré.
Mais notre action en direction des adolescents et des jeunes adultes doit être renforcée, modernisée, approfondie.
C’est l’exigence portée par les 500 jeunes rencontrés lors de Fresnes Demain Jeunes.
Nous ne les abandonnerons pas.
Parce qu’une ville qui abandonne sa jeunesse se condamne elle-même.
Fresnes est aussi une terre d’innovation écologique et sociale.
Nous pouvons être fiers d’avoir fait très tôt le choix de la géothermie.
Un choix d’écologie sociale, qui réduit les émissions de gaz à effet de serre tout en protégeant le pouvoir d’achat.
Nous mènerons ce combat à son terme.
L’objectif est clair : raccorder l’ensemble du logement collectif et étendre progressivement ce réseau aux bâtiments publics.
Nous continuerons à moderniser le service public.
L’accueil, les conditions de travail, le bien-être des agents sont essentiels.
Je veux ici saluer leur engagement : c’est un bonheur de travailler avec les agents du service public territorial.
Les services publics, nous les défendrons.
Quand d’autres font le choix de la privatisation et du moins-disant social, nous assumons une autre voie.
Notre régie publique de l’eau, notre cuisine centrale, en sont des exemples forts.
Le service public reste, il faut le rappeler, la seule richesse de celles et ceux qui n’en ont pas d’autre.
Fresnes est une ville particulière.
Une ville qui pétille.
À la fois un village et une ruche.
Ce vivre-ensemble, il faut le cultiver.
Contre les logiques de ville-dortoir, nous continuerons à agir.
Sur la culture d’abord.
En réinventant la MJC.
En rénovant l’AVARA, grand chantier du prochain mandat.
Nous nous battrons pour que ce lieu emblématique soit reconstruit, repensé, et reste un pilier de la vie culturelle locale.
Nous continuerons à repenser l’espace public pour favoriser les rencontres, les usages partagés, les activités de plein air.
Nous accélérerons la transformation du centre-ville, des marchés, et le soutien aux commerces de proximité.
Nous mènerons également une politique de tranquillité publique sérieuse.
Sans naïveté.
Sans brutalité.
Sans instrumentalisation.
Avec de la vidéosurveillance lorsque c’est nécessaire,
avec une police de proximité présente, rassurante,
avec de la médiation pour prévenir, apaiser, recréer du lien.
Et nous continuerons à faire vivre la démocratie locale.
Les conseils de quartier devront évoluer, être repensés, redynamisés.
Il reste du travail.
Beaucoup de travail.
Mais nous avons une boussole.
Nous avons une équipe.
Nous avons une méthode.
Contrairement à nombre de nos adversaires, nous avons fait un choix clair : celui de ne pas céder à la facilité du dénigrement, de la polémique permanente ou des outrances sur les réseaux sociaux.
Nous ne promettrons pas non plus la lune avec des promesses en l’air. Nous préférons l’honnêteté, la clarté, et un programme solide, inscrit dans la réalité, ambitieux,
fidèle à ce que nous avons déjà démontré dans l’action.
Nous avons prouvé que l’union de la gauche et des écologistes pouvait transformer une ville.
Qu’elle pouvait résister aux vents contraires.
Qu’elle pouvait produire du concret.
Alors ce soir, je le dis simplement :
Nous aurons besoin de vous.
De votre énergie.
De votre engagement.
De votre exigence.
Pour continuer à faire de Fresnes une ville solidaire,
une ville écologique,
une ville profondément humaine.
Vive Fresnes.
Vive la République.
.png)